Le sacre musical des français

sacre musical21 juin : le sacre musical des français

Jean-Michel Djian – Essai (broché). Paru en 05/2011

Quand en mai 1981 François Mitterrand arrive au pouvoir la Gauche n’a pas encore idée de ce que la musique peut receler de populaire chez les Français. Certes elle en a eu un avant-goût place de la Bastille le 10 mai mais personne au PS n’aurait imaginé qu’il fût possible d’en instituer une fête nationale. Un an de gestation de maturation d’hésitations seront nécessaires à la République pour qu’elle accouche d’un phénomène culturel sans précédent dans les nations modernes : une fête de la musique nationale populaire et païenne. Les géniteurs de cette improbable manifestation de masse sont trois rêveurs impénitents trois figures socialistes quadragénaires : Christian Dupavillon Maurice Fleuret et Jack Lang. La fête sera gratuite ouverte à tous à toutes les musiques.L’information se répand comme une traînée de poudre tant et si bien que les musiciens d’un soir qui se déploient aux abords des cafés parcs et halls d’immeubles en oublient les horaires. À 20 h 30 des milliers de gens jouent chantent et dansent partout en France dans une sorte de grâce et de bonhomie républicaine qui pour les plus anciens rappelle le faste populaire des 14 juillet d’antan. La nuit la plus courte solstice d’été oblige se transforme comme par magie en un concert le plus long de l’année et ils furent près d’un million dans toute la France à envahir la rue pour jouer ou chanter.En réalité avec près de trente ans de distance il apparaît que seules la conjonction de contextes et des intuitions firent de cette fête un événement populaire national qui est devenu mieux qu’une institution une énigme joyeuse robuste planétaire dont personne ne peut vraiment expliquer le succès.

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