l’Université ouverte des 5 continents

La ville de Tombouctou, classée patrimoine mondial par l’UNESCO, abritera du 10 au 18 janvier 2005, la première “Université ouverte des cinq continents” sur le thème de la diversité culturelle, a appris la PANA, de bonne source.

Co-organisée par les Universités de Bamako et de Paris 8 (Vincennes-Saint-Denis), avec le soutien de l’Agence universitaire de la Francophonie, cette rencontre verra la participation d’une centaine d’intellectuels et d’étudiants venus des cinq continents.

C’est au Centre Ahmed Baba où sont conservés les manuscrits anciens, que la première session de l’Université ouverte des 5 Continents se tiendra.

Cette session aura pour thème “Penser la diversité culturelle en termes de création et de professionnalisation”.

Les rencontres s’articuleront autour de conférences et d’ateliers qui rendront compte de grands débats contemporains et privilégieront la création, la rencontre et l’échange, indiquent les organisateurs.

Selon eux, de nombreuses personnalités issues du monde des arts, de la littérature, des sciences et de l’environnement, viendront transmettre leurs savoirs.

“Les conférenciers, dans leurs parcours ou dans leurs oeuvres, témoignent d’une vision de l’Afrique à la fois singulière et impliquée.

Ils ont été choisis pour leur volonté de transmettre un savoir inédit dans l’esprit magistral qui préside à l’université”, est-il souligné.

“Ces maîtres d’ateliers veilleront à privilégier plutôt l’échange et la proximité à partir de leurs travaux ou de leurs expériences personnelles”, ont-ils poursuivi.

Fondée au début du deuxième millénaire, Tombouctou, encore appelée Cité des 333 saints ou la ville mystérieuse, devint au 18ème siècle, un centre religieux réputé.

En découvrant ses richesses en 1928, l’écrivain voyageur René Caillé contribua avec d’autres, à en façonner son mythe.
C’est dans un souci de rencontre et de transmission que les universités de Bamako et de Paris 8 entendent revisiter Tombouctou, à la lumière des grands débats qui agitent le monde contemporain, ont fait remarquer les organisateurs.
Conçu dans un esprit de dialogue et d’engagement, ce projet a pour but de faire renaître Tombouctou en tant que carrefour intellectuel et humaniste ouvert sur le monde.

Il veut également contribuer symboliquement, à la création et la diffusion des savoirs au Sud.

“Faire revivre l’histoire de Tombouctou, c’est d’abord redécouvrir ce que fut la boucle du Niger, une source de vie et un foyer de civilisation pour l’Afrique de l’Ouest au même titre que la vallée du Nil pour l’Egypte”, ont indiqué les organisateurs.

Le comité de parrainage présidé par Michèle Gendreau-Massaloux, Rectrice de l’Agence universitaire de la Francophonie, réunit quinze personnalités scientifiques et culturelles des cinq continents.

La présidence de l’Université ouverte est assurée par le cinéaste Cheick Omar Sissoko, actuel ministre de la Culture du Mali.

Le secrétariat général est assuré par Ali Ould Sidi, historien, chef de la mission culturelle de Tombouctou et Jean Michel Djian, initiateur du projet, responsable du DESS Coopération artistique internationale de l’Université Paris 8.

 
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Première édition de l’ « Université des cinq continents » de Tombouctou : la Cité des 333 Saints redevient le point de convergence des intellectuels

Lundi, à Tombouctou, la cérémonie de lancement de la rencontre baptisée « Université des cinq continents » avec comme thème « Penser la diversité en termes de création et de professionnalisation » a eu lieu sous la présidence du ministre de l’éducation nationale, Mamadou Lamine Traoré.

N’diaye Bah ministre de l’artisanat et du tourisme qui représentait son homologue de la culture, Mamadou Togola gouverneur de la région de Tombouctou, maire de Tombouctou, éminentes personnalités du monde des lettres, des sciences, des arts et de la culture, recteurs d’université de Paris 8 et de Bamako, étudiants en provenance du Bénin, Burkina-Faso, Cameroun, Congo Brazzaville, Côte d’Ivoire, Gabon, Madagascar, Ile Maurice, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tunisie, Togo et Mali et nombreux autres invités, étaient présents à la cérémonie.

Evénement majeur pour le cercle intellectuel des ulémas, imams, la société civile, chercheurs et professeurs et étudiants, « L’université ouverte des cinq continents », permettra à la ville de Tombouctou de redevenir le point de convergence des intellectuels qu’elle a été dans le passé.

Egalement, les participants pourront découvrir l’immense richesse culturelle de la ville des 333 saints, son artisanat, et ses sites touristiques.

Après la bienvenue souhaitée aux personnes présentes, passé glorieux de la cité des 333 saints a été évoqué par le gouverneur ainsi que le maire de Tombouctou.

Haut lieu de la culture et du savoir, le brassage culturel au sein de la ville de Tombouctou est une parfaite réussite.
Depuis près de 10 siècles, populations cosmopolites se côtoient, échangent, s’unissent autour de la réalisation de projets communs.

Pour N’diaye Bah, Tombouctou ne se raconte pas, on la voit ou on ne la voit pas.

Grands événements qui se sont déroulés à Tombouctou, comme les colloques internationaux, la célébration de la « Flamme de la paix », et Tombouctou qui deviendra la capitale de la culture islamique durant les fêtes du Maouloud en avril 2006, ont été évoqués par le ministre de l’artisanat et de la culture.

Quant au ministre de l’éducation, lui, a évoqué le temps, où le Mali était appelé Ouagadou ou Ghana. Depuis cette époque, centres réputés du savoir ont essaimé le pays comme Almoustrat, Araouane, les sanctuaires Hogon, le Djitoumou, Nogon au Bélédougou, Nioro, Kaba ou Kangaba, le Baniko, Sekoro, Djenné …

Timbuktu a vu naître des savants comme Ahmed Aquit, Ahmed Baba, Mohamed Bagayogo.

Le soleil qui s’est levé depuis lors, brille toujours, a estimé le ministre de l’éducation.

Le ministre Traoré a choisi parmi les préceptes de Cheick Sidi Elmoctar Al Kounti le suivant : « Un ignorant meurt deux fois, car l’ignorance elle-même est une mort à part entière », d’où cherchons à toujours nous instruire.

Hommage a été rendu par le ministre de l’éducation, aux initiateurs de « l’université ouverte des cinq continents ».

Félicitations à Jean Michel Dijan de l’université de Paris 8 et à Idrissa Diakité doyen de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines (FLASH) de l’université de Bamako, ont été émises par le ministre de l’éducation.

Quelques vers tirés des manuscrits anciens conservés dans la cité sainte ont été lus par le ministre de l’éducation.
La rencontre durera une semaine.

16 novembre 2005.

 

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